Saint-Martial (Commune de Pradines)

Église des X et XIIe siècle, construite sur des bases romanes, c'est le type et la simplicité même des églises rurales : nef unique couverte en charpente prolongée par une abside rectangulaire plus étroite, voûtée en berceau et agrémentée de niches latérales. Il n'y avait pas de sacristie à l'époque. L'église est correctement orientée à l'est «le levant», comme il se doit. La porte d'entrée est située au sud et l'église est légèrement enterrée, climatisation de l'époque.

A l'origine une entrée couverte permettait le dépôt des défunts, comme dans la plupart des chapelles de cimetière à l'époque. Le clocher est un clocher-mur de type Languedocien à trois cloches.

A l'intérieur, remarquer l'autel en bois polychrome où, en façade, est sculptée la Vierge couronnée, encadrée par les douze apôtres.

Statues : à droite Pietà du XVIe, Vierge en bois du XVIIe à gauche, Notre-Dame du Salve Regina (XIIIe siècle) au centre. Les deux statues de la Pietà et de Notre-Dame du Salve Regina sont classées monuments historiques.
L'église est portée à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, l'autel en cours de classement.

Un pèlerinage en l'honneur de Saint-Martial patron de l'église amenait au en ces lieux de nombreux pèlerins, notamment au Moyen-âge. La charité chrétienne construisit à proximité un asile pour les pauvres et les malades au lieu dit l'«Espital».

L'édifice, plusieurs fois remanié au cours des siècles, a été mis en valeur par une restauration exemplaire en 1979.

 

SALVE REGINA  - Salve ReginaLa Vierge à l'Enfant de tradition romane, attribuée au XIIIe siècle a fait longtemps l'objet d'un culte particulier sous le nom de Salve Regina. Cette statue se trouvait autrefois dans un oratoire au centre du Bourg de Pradines. On y venait en pèlerinage pour vouer les petits enfants, et les personnes qui récitaient le Salve Regina devant la statue étaient protégées contre la morsure des chiens enragés.
Elle est en noyer polychrome et examinée dans le détail, on peut faire la différence entre la finesse de la sculpture de la Vierge et la presque grossièreté de celle de l'enfant Jésus. A croire que deux artisans différents se sont succédés sur la même pièce de bois et que le second ne valait pas le premier...
 

Fête du Salve Regina à Pradines.
Arrêt de la procession sur la Place.
(Document Jean Rigal)

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Sur les bases existantes au XIe siècle, dont certains vestiges peuvent-être vus à l'extérieur, notamment une baie étroite à arc, sur la façade Nord, et quelques parties de murs qui ont pu être datées du XIIe, l'église semble avoir été reconstruite au XIVe : la forme des ogives, la simplicité des lignes, la sobriété de l'ornementation dans le portail et le choeur, mais aussi la fenêtre à meneau, les deux ouvertures latérales du Sanctuaire, les culs-de-lampe à figures très frustres ou l'écusson qui supportent les retombées d'arc de voûte, sont autant de marques évidentes de cette période. Les deux bas-reliefs sculptés dans le mur du chevet, représentant deux soldats en armure seraient du XIV ou XVe siècle. La tribune sur pilier est datée du XVIII/XIXe siècle et a du être installée pour augmenter la capacité de l'église. Le maître-autel polychrome, est du XIXe.

Deux tableaux à remarquer : à droite La Vierge à l'Enfant Jésus et Saint Jean-Baptiste, probablement du XVIIIe, à gauche un Saint Jésuite Polonais, mort à Rome au XVIe siècle agé de 19 ans. On ignore les raisons de la présence de ce tableau ici.

La Pietà du XVI ou XVIIe siècle, est en bois polychrome et non dorée comme à cette époque. Le fait qu'elle ne soit pas assise mais presque debout tendrait à la dater du XVIIe. Au-dessus, des traces de peintures murales dont on ne cerne pas trop la signification.

LE PELERINAGE DE SAINT-MARTIAL - Le début du XIe siècle voit naître un phénomène curieux parmi les peuples d'Europe : le besoin impérieux de marcher, de voir des pays nouveaux, de s'en aller le plus loin et le plus logtemps possible... La piété devint elle aussi voyageuse, car c'est le temps des Croisades et celui des grands pèlerinages. Saint-Martial de Pradines n'échappe pas à la règle au XIIIe et au commencement du XIVe siècle : il suffit de la proclamation de l'apostolicité du Saint-Evêque par le Concile de Limoges en 1031, de la découverte en 1166 du corps de Saint-Amadour que l'on croit avoir été compagnon de Saint-Martial, de quelques miracles, et les pèlerins affluent.

Ce pèlerinage avait lieu pendant l'octave de la fête du Saint (le 3 juillet actuellement mais le 7 juillet au XIVe siècle) et il y avait "un si grand concours de peuple qu'on veillait toute la nuit et qu'il fallait envoyer des hommes d'armes pour protéger contre les attaques des malfaiteurs, les pèlerins accourus de toute part". En 1313, le Sénéchal du Quercy Jean Briaudi, fit prendre des mesures pour assurer le maintien de l'ordre. Les pieux visiteurs passaient non seulement le jour, mais aussi la nuit, en prières et se trouvaient ainsi plus exposés aux attaques des malfaiteurs, très nombreux à la veille de la Guerre de Cent Ans. C'est Raymond de Labéraudie qui en est chargé. Comme auprès de tous les lieux de pèlerinage un établissement pour héberger les malades, les infirmes ou simplement ceux qui étaient fatigués par de trop longues marches, est construit à 300 mètres au sud-ouest de l'Église, au lieu-dit "les Espitals".

Mais l'affluence des pèlerins n'eut qu'un temps : la Guerre de Cent Ans y fut sans doute pour quelque chose. En effet, Saint-Martial, situé à l'écart du Bourg n'était plus protégé par les deux châteaux-forts de Pradines et de Labéraudie. Ces deux ouvrages avancés des défenses de Cahors, furent souvent attaqués par les Anglais mais jamais pris. Par contre, l'Église, éloignée de ces défenses, fut saccagée plusieurs fois.

De moins en moins nombreux les pèlerins disparurent tout à fait et le jour de la fête du Saint ne fut plus l'objet d'un culte particulier. On attribua à cet oubli les sévères calamités : tempête, orage, grêle, qui déracinaint les arbres et détruisaint les récoltes la veille ou le jour de la Saint-Martial (30 juin-1er juillet). Émus les paroissiens en appelèrent à leur Évêque, Siméon-Étienne de Popian (1607-1627). Celui-ci et ses chanoines décidèrent que tous les ans on célébrerait la fête de Saint-Martial la veille des calendes de juillet et on l'invoquerait en chômant ce jour-là, avec la même solennité que le dimanche. Et les calamités cessèrent.

Ce culte à Saint-Martial cessa peu après la disparition de l'abbé Conquet, décédé en 1940. Signe prémonitoire ? En 1939, le jour de la fête du Salve Regina la foudre tomba sur l'Église, commotionnant quelques fidèles et détériorant plusieurs statues dont celle de Saint-Martial, qui, mal réparée fût finalement réformée et disparut.

Parmis les anciennes coutumes, certainent personnes se souviennent qu'on utilisait du vin béni sous l'invocation de Saint-Martial, pour soigner des affections de la peau, comme le "rafo", croûtes de lait des jeunes enfants.

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