
Saint-Martial (Commune de Pradines)
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Église des X et XIIe siècle, construite sur des bases romanes, c'est le type et la simplicité même des églises rurales : nef unique couverte en charpente prolongée par une abside rectangulaire plus étroite, voûtée en berceau et agrémentée de niches latérales. Il n'y avait pas de sacristie à l'époque. L'église est correctement orientée à l'est «le levant», comme il se doit. La porte d'entrée est située au sud et l'église est légèrement enterrée, climatisation de l'époque. A l'origine une entrée couverte permettait le dépôt des défunts, comme dans la plupart des chapelles de cimetière à l'époque. Le clocher est un clocher-mur de type Languedocien à trois cloches. A l'intérieur, remarquer l'autel en bois polychrome où, en façade, est sculptée la Vierge couronnée, encadrée par les douze apôtres. Statues
: à droite Pietà du XVIe, Vierge en
bois du XVIIe à gauche,
Notre-Dame
du Salve Regina
(XIIIe siècle) au centre. Les deux statues
de la Pietà et de Notre-Dame du Salve Regina sont
classées monuments historiques. Un pèlerinage en l'honneur de Saint-Martial patron de l'église amenait au en ces lieux de nombreux pèlerins, notamment au Moyen-âge. La charité chrétienne construisit à proximité un asile pour les pauvres et les malades au lieu dit l'«Espital». L'édifice, plusieurs fois remanié au cours des siècles, a été mis en valeur par une restauration exemplaire en 1979.
SALVE
REGINA -
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LE PELERINAGE DE SAINT-MARTIAL - Le début du XIe siècle voit naître un phénomène curieux parmi les peuples d'Europe : le besoin impérieux de marcher, de voir des pays nouveaux, de s'en aller le plus loin et le plus logtemps possible... La piété devint elle aussi voyageuse, car c'est le temps des Croisades et celui des grands pèlerinages. Saint-Martial de Pradines n'échappe pas à la règle au XIIIe et au commencement du XIVe siècle : il suffit de la proclamation de l'apostolicité du Saint-Evêque par le Concile de Limoges en 1031, de la découverte en 1166 du corps de Saint-Amadour que l'on croit avoir été compagnon de Saint-Martial, de quelques miracles, et les pèlerins affluent. Ce pèlerinage avait lieu pendant l'octave de la fête du Saint (le 3 juillet actuellement mais le 7 juillet au XIVe siècle) et il y avait "un si grand concours de peuple qu'on veillait toute la nuit et qu'il fallait envoyer des hommes d'armes pour protéger contre les attaques des malfaiteurs, les pèlerins accourus de toute part". En 1313, le Sénéchal du Quercy Jean Briaudi, fit prendre des mesures pour assurer le maintien de l'ordre. Les pieux visiteurs passaient non seulement le jour, mais aussi la nuit, en prières et se trouvaient ainsi plus exposés aux attaques des malfaiteurs, très nombreux à la veille de la Guerre de Cent Ans. C'est Raymond de Labéraudie qui en est chargé. Comme auprès de tous les lieux de pèlerinage un établissement pour héberger les malades, les infirmes ou simplement ceux qui étaient fatigués par de trop longues marches, est construit à 300 mètres au sud-ouest de l'Église, au lieu-dit "les Espitals". Mais l'affluence des pèlerins n'eut qu'un temps : la Guerre de Cent Ans y fut sans doute pour quelque chose. En effet, Saint-Martial, situé à l'écart du Bourg n'était plus protégé par les deux châteaux-forts de Pradines et de Labéraudie. Ces deux ouvrages avancés des défenses de Cahors, furent souvent attaqués par les Anglais mais jamais pris. Par contre, l'Église, éloignée de ces défenses, fut saccagée plusieurs fois. De moins en moins nombreux les pèlerins disparurent tout à fait et le jour de la fête du Saint ne fut plus l'objet d'un culte particulier. On attribua à cet oubli les sévères calamités : tempête, orage, grêle, qui déracinaint les arbres et détruisaint les récoltes la veille ou le jour de la Saint-Martial (30 juin-1er juillet). Émus les paroissiens en appelèrent à leur Évêque, Siméon-Étienne de Popian (1607-1627). Celui-ci et ses chanoines décidèrent que tous les ans on célébrerait la fête de Saint-Martial la veille des calendes de juillet et on l'invoquerait en chômant ce jour-là, avec la même solennité que le dimanche. Et les calamités cessèrent. Ce culte à Saint-Martial cessa peu après la disparition de l'abbé Conquet, décédé en 1940. Signe prémonitoire ? En 1939, le jour de la fête du Salve Regina la foudre tomba sur l'Église, commotionnant quelques fidèles et détériorant plusieurs statues dont celle de Saint-Martial, qui, mal réparée fût finalement réformée et disparut. Parmis les anciennes coutumes, certainent personnes se souviennent qu'on utilisait du vin béni sous l'invocation de Saint-Martial, pour soigner des affections de la peau, comme le "rafo", croûtes de lait des jeunes enfants. |