Les communes


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BOUSSAC

L'EGLISE : Citée, dès le Xe siècle, comme faisant partie des possessions de l'abbaye de Figeac, la paroisse de Boussac est sans doute d'origine gallo-romaine comme le suggère la syllabe finale son nom en - ac. Située sur un terrain plat, facilement exposée aux attaques de toutes sortes, la première église construite surmontée d'une tour-donjon, destinée à assurer la protection des populations. Il ne reste aujourd'hui de ce premier bâtiment que deux dalles mortuaires, réemployées dans le pavement de l'église actuelle, qui ne date que du siècle dernier, mais abrite une vierge à l'enfant polychrome (objet classé) de la fin de la Renaissance.

 

LA FONTAINE DE LAVAYSSIÈRE :
Surmontée d'un pont de pierre, cette fontaine est une des nombreuses du genre qui parsèment le terroir de Boussac, très riche en sources, à la différence des communes avoisinantes. Située au centre du bourg, cette fontaine, qui coule, même au plus chaud de l'été, dispose, bien séparés de chaque côté du pont, d'un lavoir, encore utilisé au début du siècle et d'un abreuvoir destiné à la consommation des troupeaux.

 

ORATOIRE DE MONTEIL : Même s'il ressemble aux nombreux  calvaires, surmontés de croix de pierre ou de fer forgé, qui ponctuent les paysages de la commune, l'oratoire de Monteil par sa voûte en lauze, indique la présence ancienne, mais disparue, d'une statue de saint ou de Vierge. Si on ignore aujourd'hui l'origine de ce petit sanctuaire rural, sa vocation, elle, demeure inchangée, puisque ses petits oratoires servaient à protéger les voyageurs sur les chemins.

 
BRENGUES

LE CHÂTEAU DES ANGLAIS

Perchés le plus souvent à mi-falaise, d'accès parfois difficile, les châteaux dits « des Anglais », ponctuent le paysage des vallées du Celé et du Lot. Pour la plupart, ce sont des forts-refuges, destinés à accueillir et protéger la population en cas d'attaque.

Certains châteaux, tels ceux de Bouziès ou de Saint-Géry, dans la vallée du Lot, s'ouvrent sur de vastes grottes pouvant abriter un grand nombre de personnes. D'autres, en revanche, tel le château de Brengues ou de Laroque des Arcs, sont juste appuyés contre un abri sous roche qui leur sert de protection.

Selon la tradition, ces premières fortifications, furent édifiées au VIIIe siècle, par le duc d'Aquitaine Waïffre en butte aux invasions ré­pétées de son puissant voisin, le roi des Francs, Pépin le Bref. Toutefois, aucun document archéologique ne vient prouver cette origine.

En revanche, si la plupart de ces châteaux ont tous été construits avant la guerre de 100 Ans, ils ont souvent servi de base d’opérations pour des troupes routiers français à la solde du roi d'Angleterre. Le  plus célèbre d'entre eux, Bertrand de Basserat dit «  de  La  Garénie », occupa ainsi toute la vallée du Celé, des grottes fortifiées de Corn au château troglodyte de Cabrerets, et durant plusieurs années, il pilla, brûla les monastères, rançonna et massacra les populations.

 

Son souvenir fut tel que, depuis, ces fortifications haut perchées, s'appellent toutes « châteaux des Anglais ».

 

CORN

LES CONFLITS SEIGNEURIAUX

La paroisse de Corn comptait au Moyen Âge, quatre châteaux dont trois subsistent : le manoir de Mandens, sur la route de Figeac et les châteaux de Goudou et de Roquefort, situés de part et d'autre du Celé.

Le Château de Corn, qui se trouvait au centre du village a, lui, disparu. Pour une pa­roisse d'une superficie moyenne, quatre sei­gneuries différentes, déclenchent fatalement rivalités et guerres privées qui, dès le début du Moyen Âge, vont déchirer toute la vallée.

Mais un château, au cours des siècles, semble avoir été, plus que d'autres, marqué par ses luttes de pouvoir : il s'agit du château de Roquefort. Edifié, comme son nom l'indique, sur le sommet d'un rocher tombé de la falaise, Roquefort se développe et se fortifie du XIIe au XVe siècles, jusqu'au point d'attirer les convoitises de ses voisins.

C'est le cas de Delphine Othon, qui, jeune veuve, vient d'être dépouillée de son château de Camboulit - dont le donjon existe toujours dans la commune du même nom - et qui, en 1430, pour retrouver son bien, n'hésite pas à se marier avec Guillaume de Lascazes, seigneur de Roquefort, qu'elle entraîne dans une suite de conflits judiciaires et armés qui vont durer 23 ans !

Enfin,  en   1453,  la  tenace  Delphine d'Othon rentre en possession de ses biens d'origine, mais sans son mari qui n'a pas vécu à l'aventure !

Le conflit, cependant ne s'éteint pour autant, mais se ranime, un siècle plus tard, opposant à nouveau les seigneurs Roquefort, restés catholiques, à ceux Camboulit, passés au protestantisme. Durant 15 ans, les deux familles se livrent une guerre sans merci, faite d'assauts et de meurtres, qui culmine en 1587 où Gabriel de Lascazes, seigneur de Roquefort,  tue en duel Pierre Cornély, seigneur de Camboulit, tous deux ont à peine 18 ans.

Epuisées, les deux familles décident alors de renoncer à leur lutte en faveur d'une politique d'alliance qui, en 15 aboutit au mariage d'une Roquefort d'un Camboulit.

C'était sans compter avec le destin. En 1621, les descendants des deux familles, Gabriel de Lascazes et Marc de Cornély, devenus beaux-frères et ralliés au camp catholique, sont assassinés côte à côte dans guet-apens protestant.

 

DURBANS

LA CROIX DE MALTE DE TARTABELL

Encastrée dans le mur d'une grange, regravée en 1925, cette croix de Malte est en fait une ancienne borne qui limitait les possessions de la Seigneurie de Durbans. En effet le territoire actuel de la commune faisait partie des terres dévolues à l'ordre des Hospitaliers dans la région. Un ordre qui, possédait d'ailleurs une commanderie importante à Durbans, au lieu dit la Salle. La tour, de ce qui est, aujourd'hui, une ferme est encore surmontée d'une croix de Malte et d'une fleur de lys : une manière de rappeler que c'est le roi de France, Philippe le Bel, qui fit la fortune des Hospitaliers, en leur donnant tous les biens et domaines, d'un autre ordre militaire: celui des Templiers.

 

LA CROIX DU MAS DE PINQUIER

Placée à un carrefour, cette simple croix de pierre n'attirerait pas l'attention si une date inattendue -1792- n'apparaissait pas, gravée à deux reprises, sur son socle. On peut en effet s'éton­ner de voir une croix élevée en pleine période révolutionnaire, bien peu favorable à la piété des campagnes.

En fait, cette croix est bien antérieure à la Révolution, simplement elle a été laïci­sée en 1792 et transformée en panneau indicateur de la route Labastide-Gramat comme indique ce double nom gravé à sa base.

 

LE GRAND GENEVRIER

Situé sur le bord du chemin ce genévrier surprend par sa grande taille. En effet le plus souvent ce type d'arbres ne dépasse guère les deux mètres de haut car il pousse sur des terrains caillouteux, à faible densité de terre. La présence d'un genévrier d’une telle hauteur révèle donc un terrain qui pourrait être cultivé, car disposant d'une épaisseur suffisante de terre meuble. Un signe que n'oubliaient pas de remarquer les agriculteurs des siècles passés avant d'acheter ou de vendre une parcelle de terre !

 

ESPAGNAC - STE EULALIE

L'ABBAYE D'ESPAGNAC ET LA RÉVOLUTION

Dès l'été de 1789, la vallée du Celé avait été secouée de mouvements populaires, tournant parfois à l'émeute; les rumeurs les plus folles annonçant régulièrement que les aristocrates avaient pris la tête de bandes de brigands qui allaient ravager la région.

L'événement le plus grave eut lieu cependant au mois de décembre, dans la paroisse de Brengues où l'intendant du château réclama, « avec un peu trop de hauteur », d'après certains témoins, le paiement des droits seigneuriaux. Le château fut alors attaqué à coup de fusils. Mais c'est en janvier 1791 que les tensions devinrent les plus vives.

En effet, le bruit courut dans  les  campagnes  que l'Assemblée Constituante avait aboli tous les droits féodaux y compris ceux de propriété, ce qui était faux. Rapidement, des groupes armés se rendirent dans les châteaux et les monastères pour réclamer la destruction immédiate des titres seigneuriaux.

Mais à Espagnac, les révolutionnaires ne purent arriver jusqu'à l'abbaye, une violente crue du Celé ayant emporté le bac. Cet empêchement naturel déclencha la colère des insurgés qui montèrent alors sur la falaise surplombant le monastère et ouvrirent le feu sur les religieuses se rendant à la messe.

Il n'y eut ni morts ni  blessé, mais une violente panique parmi les sœurs, qui, selon la tradition orale abandonnèrent,  dans la cour du prieuré tous leurs objets du culte.La fusillade dura tout le jour et ne prit fin que sur la menace de l'envoi d'un détachement militaire.

Moins d'un an après l'abbaye d’Espagnac était déclarée Bien National et les religieuses étaient dispersées. Plus de six siècles de vie monastique s'achevaient ainsi définitivement.

 

ESPEDAILLAC

L'ÉGLISE

Cet édifice religieux fait partie des dizaines d'églises du même type construites en Quercy de 1850 à 1920 et que les amateurs d'art, jusqu'à ces dernières années, regardaient avec bien peu d’intérêt. Avec l'arrivée du troisième millénaire, ces églises, dites modernes, rentrent enfin dans notre patrimoine. Ainsi l'église Saint Blaise, vaste et silencieuse, se remarque surtout pour la qualité de ses vitraux qui datent de 1893 qui, en colorant la lumière, transforment cet havre de paix et de fraîcheur, en un lieu propice méditation.

 

LE MANOIR DE LA PLACE

Ce manoir bien proportionné révèle toute la vitalité artistique du Quercy au sortir de la Guerre de Cent Ans. En effet nombre d'édifices du même genre parsèment la région dont l'architectu­re mêle le style gothique finissant avec les innovations de la Renaissance. Un parcours que l'on retrouve sans peine dans la fenêtre à meneaux du premier étage, dont les moulures appartien­nent encore au Moyen Age tandis que les culots sculptés de formes féminines rappellent l'élan de liberté de la Renaissance. A remarquer, au rez de chaussée les instruments sculptés d'un artisan qui révèlent qu’un maréchal ferrant a occupé les lieux à l'époque révolutionnaire, (propriété privée).

 

LES VESTIGES DU CHATEAU

Le visiteur curieux, qui se promène dans le village, découvrira un peu partout, parmi les linteaux des portes ou l'encadrement des fenêtres, des traces architecturales de l'ancien château d'Espédaillac. On sait peu de chose de cette forteresse, si ce n'est qu’elle était déjà en ruine au 13e siècle, lorsqu'elle appartenait à l'ordre des Hospitaliers, qu'elle fut ravagée par les compagnies à la solde des Anglais, durant la Guerre de cent Ans, puis de nouveau par les protestants au 16e siècle. Comme beaucoup d'autres fortifications délabrées par les guerres et le temps, l'ancien château d'Espédaillac ne survit aujourd'hui comme un souvenir à travers ses vestiges éparpillés dans les murs du village.

 

FLAUJAC

LA CAZELLE DU BRET
Située en plein village, cette construction en pierre sèche, fait partie des innombrables cazelles qui parsèment les Causses du Quercy. Bâties avec des pierres calcaires, récupérées en nombre dans les champs, ces bâtisses, parfois minuscules, parfois imposantes, selon les désirs ou besoins des constructeurs, ont toujours eu des fonctions multiples. Elles peuvent avoir servi d'abri pour des bergers, de pigeonnier à l'étage, de bergerie pour les troupeaux, et même d'habitation principale pour des familles peu aisées. Dans le cas précis, et vu sa situation dans le village, il est probable que cette cazelle ait principalement abrité le poulailler d'une exploitation agricole (propriété privée)

L'ÉGLISE DE FLAUJAC

Bâtie dans le style néo-médiéval qu'affectionnaient les années 1870-1920, l'église de Flaujac toute de blanc vêtue est durant l'été, un havre de fraîcheur et de calme au milieu des causses calcinés de soleil. 

Et elle conserve encore une croix reliquaire du 13e/14e siècle. Sans doute cette construction typique du 19e siècle, succède-t-elle à une implantation religieuse plus ancienne. 

Peut-être, les vestiges tout proches d'une propriété privée où l'on reconnaît encore facilement une église grâce à son mur pignon, à deux baies, qui abritait les cloches

GREZES

L'ÉGLISE

Bâtie sur un site gallo-romain, devenu un cimetière l'époque médiévale, l'église était dédiée à l'apôtre Jacques. Propriété en 1146 de l'abbé de Figeac avec les terres et revenus qui lui sont rattachés, l'église passe au XIIe siècle dans les mains des Templiers de la commanderie voisine de Durbans. En 1570, le bâtiment est ravagé par une compagnie protestante, venue de la Rochelle et qui met à sac toutes les églises de la région. Aussitôt reconstruite, elle conserve cependant son abside romane recouverte d'une toiture de lauze.

 

LE CHATEAU

Aujourd'hui propriété de la commune, le château de Grèzes fut d'abord une possession des hospitaliers de Saint-Jean qui y ont tenu résidence, comme l'indique la présence de fresques, malheureusement détruites, aux murs de cer­taines pièces d'habitation. La seigneurie passa ensuite dans les mains de toutes les grandes familles nobles de la région, avant d'être morcelée et vendue, comme bien national, à la Révolution. Dans sa forme actuelle, le château date du XVIIe siècle, composé d'une façade XVIIe encadrée de deux tours pigeonniers.

 
ISSEPTS

L'ÉGLISE

Profondément remaniée et agrandie au 19e siècle, l'église d'Issepts était à l'origine une église rupestre. Sans doute même une simple chapelle, taillée dans le rocher, et surmontée d'une tour faisant office de clocher. En effet la partie la plus ancienne l'église s'appuie sur un rocher aménagé comme le montrent de nombreux boulins : des encoches taillées dans la pierre, qui servaient à supporter plancher et toiture. A l'intérieur de l'église on pourra voir trois chapiteaux sculptés, l'un avec des entrelacs de style celtique, les deux autres ornés de spirales symétriques. Deux bénitiers se font face dans l'entrée de la nef, un pour chaque sexe, les hommes et les femmes ayant chacun leur rangée pendant l'office de la messe.

 

LES MAISONS DE LA PLACE

Situé un peu en dessous de l'église, ce barri ou quartier, aujourd'hui restauré, offre aux visiteurs de très beaux vestiges d'architecture médiévale. En particulier de superbes fenêtres à meneaux qui datent de la fin du 15e siècle ou du début du 16e. On ne sait en revanche si ces fenêtres sculptées sont d'origine ou bien rapportées d'autres maisons proches, aujourd'hui dis­parues. Toutefois la présence de tels éléments architecturaux témoigne de la vitalité et de la richesse retrouvées des campagnes après un siècle de guerres et de pillages entre français et anglais.

 

LA TOUR

Il est bien difficile de distinguer aujourd'hui, dans l'ensemble des bâtiments communaux, cette tour qui faisait partie, il y a quelques siècles, d'un fort réputé. Crépie, percée fenêtres, elle a perdu tout son aspect défensif d'autrefois. Pourtant Issepts fut une place forte redoutée autant que convoitée pendant tout la guerre de Cent Ans. Les abbés de Figeac, qui possédaient la paroisse, comptaient bien s'y réfugier en cas de menace. Ils n'en eurent pas le temps : les compagnies anglaises s'en emparèrent une première fois en 1373 et en firent leur quartier général vers 1379. De là, ils ravagèrent tout le pays... à commencer par Figeac.

 
LIVERNON

L'ÉGLISE

Sans cesse remaniée et agrandie jusqu'au 19e siècle, l'église de Livernon possède cependant des éléments d'architecture classés, d'origine romane : l'abside et le clocher. Ce dernier, s'il est remarquable par sa hauteur, l'est aussi par ses ouvertures rappellent la forme de trous de serrure. En effet ce type d’architecture ne se développe qu'au tout début des édifices de la Chrétienté. De plus, l'église, sous son parvis, abrite un puits qui laisse à penser qu'elle a sans doute été bâtie sur une source lieu de culte païen.

 

LA HALLE

Recouverte d'une toiture en ardoise, fermée par des chaînes, il y a encore, une cinquantaine d'années, cette halle servait à la vente des volailles et des grains qu'on ne pouvait exposer aux intempéries. Bâtie, avec des colonnes de pierre, la halle surplom­bait tout le foirail où se déroulaient les longues - et souvent passionnées - négociations de vente de bestiaux. Une des manifestations les plus importantes de la vie rurale, qui avait lieu tous les premiers lundis de chaque mois et qui n'a survécu que quelques années à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

 

QUISSAC

L'ÉGLISE

Il y a quelques années encore, l'église de Quissac était entourée d'un vaste cimetière dont l'origine remontait à l'époque médiévale. Il y a quelques siècles encore, la même église, dédiée à Saint Gilles, était orientée Est-Ouest, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. En effet, cet édifice, datant du 15e siècle, a été fortement remanié et agrandi en 1850, à une époque où la population de Quissac ne cessait d'augmenter. A l'intérieur, un vitrail et une statue rappellent le souvenir de Saint Namphaise, ermite qui vivait sur la paroisse à l'époque de Charlemagne. A remarquer un léger anachronisme de quelques siècles, puisque la statue représente le saint en costume... de soldat romain ! Au sol, on peut voir encore des dalles mortuaires gravées d'initiales qui datent sans doute du 18e siècle.

 

LE «COUVENT»

Cette grande bâtisse qui abrite aujourd'hui la mai­rie est restée dans la mémoire locale sous le nom de couvent. Il s'agissait en fait d'une école religieuse pour filles qui fonctionna de 1840 aux premières années du 20e siècle. Dotées par un curé fortuné, quelques jeunes filles de Quissac, devenues religieuses, fondèrent cette institution qui compta plusieurs dizaines d'élèves venues des hameaux des environs. Mais, vers la fin du 19e siècle avec l'apparition de l'école publique, la guerre scolaire gagna la commune . Et l'on se souvient encore, dans le village, des prêches enflammés du curé de l'époque qui traitaient les élèves de l'école publique, de païens pour les garçons et de chinoises pour les filles.

 

LES MAISONS DES BRASSIERS

Accolées les unes aux autres, pour économiser la pierre, ces maisons, qui nous semblent aujourd'hui minuscules, ont pourtant abrité des familles entières. Constituées d'une seule pièce, au sol en terre bâtue, qui servait à la fois de cuisine, de salle commune et de chambre, ces maisons dites élémentaires sont fort répandues dans le Lot. Elles servaient d'habitation à la classe sociale la plus pauvre, celle des brassiers, qui, ne possédant pas de terre, n'avaient que leurs bras pour toute fortune. Concurrencés par les valets de ferme, qui habitaient, eux, chez leurs patrons, les brassiers se louaient de ferme en ferme, pour les travaux saisonniers les plus rudes.

 

REILHAC

LA SYMBOLIQUE DES CROIX

Reilhac est une des communes du Causse dont le territoire compte le plus de croix, la plupart en pierre, et le plus souvent d'une époque incertaine. En effet, les dates, inscrites à la base ou au centre des croix, ne signifient pas toujours l'année exacte de construction du monument, mais commémorent souvent une fête religieuse d'importance - le passage d'un évêque par exemple - ou une volonté particulière - une restauration entreprise par une famille locale. En fait, la plupart des croix sur le Causse sont datées de 1816 à 1890 et il s'agit, en général de reconstruction de croix, bien plus anciennes, mais détruites durant l'époque révolutionnaire. En effet, dès la fin de l'Empire et le début de la Restauration, l'église a envoyé dans les campagnes, des missions itinérantes, chargées de rechristianiser les campagnes. Missions dont le premier souci fut de restaurer l'unité des fidèles autour de l'érection systématique de croix en pierre, censées protéger toute la paroisse.

A ce titre les missionnaires ruraux du 19e siècle retrouvaient l'esprit des origines puisque la fonction des premières croix était d'assurer protection des voyageurs, succédant de fait aux petits oratoires païens qui parsemaient les campagnes.

Ainsi on retrouve beaucoup de croix aux carrefours, au moment crucial où le voyageur doit s'engager dans un nouveau chemin, sur une route inconnue, à l'issue parfois incertaine. D'autres croix elles, marquent 1' entrée protégée d'une paroisse : ainsi à Reilhac, les croix d'amont et d'aval continuent, par-delà les siècles, à veiller sur le village.

Si les chemins pouvaient se révéler dangereux, il est d'autres endroits plus risqués encore, ce sont les igues : ces gouffres sombres et étroits où viennent se perdre les eaux, qui rampent alors sous terre comme des serpents infernaux. Un serpent que l’on retrouve soigneusement gravé sous la croix de l'igue de Reilhac : une manière de veiller aussi sur monde souterrain !

 

REYREVIGNES

LA PLACE DU VILLAGE
0mbragée par des platanes séculaires, cette place, aujourd'hui paisible, accueillait, chaque dimanche, toute la vie sociale du village. La messe dominicale permettait en effet à toute la communauté de se retrouver après les travaux agricoles de la semaine. L'église abrite des statues classées du 15e au 16e siècle : une Vierge de la Pitié en pierre et une statue de sainte en bois polychrome. Cet édifice religieux a sans doute succédé à un prieuré médiéval qui dépendait du village voisin de Fons. Le long de la place, des pigeonniers à toits pointus ou en pente sont accolés aux maisons, ce sont des éléments d'architecture indispensables aux 18e et 19e siècles.

LA CAZELLE À LA CITERNE
Parmi les centaines de cazelles en pierre sèche qui parsèment le Quercy, celle-ci présente deux particularités rarement réunies : une cheminée d'abord, que l'on ne trouve que dans les constructions qui ont servi d'habitation ou d'abri de longue durée et une citerne, à ras du sol, protégée par des pierres plates, qui a dû servir à abreuver un petit troupeau. 

A remarquer sur le sommet de la bâtisse, une pierre levée, un quillou, symbole ancestral, censé protéger la cazelle et ses habitants des risques des intempéries (propriété privée).


LE DOLMEN DE LA VOIE FERREE
Isole en plein bois, ce dolmen, de taille imposante, est caractéristique des mégalithes édifiés en grand nombre sur le Causse : près de 750 dans le Quercy. Fouillé et pillé au 19e siècle -comme presque partout dans la région- ce dolmen a servi de sépulture collective entre le troisième et le second millénaire avant J.C. Le muret en pierre qui le ferme à une de ses extrémités a été construit, au siècle passé, pour servir d'abri (propriété privée).

SONAC

EGLISE : Propriété successive de l'abbaye de Figeac, puis de différents ordres religieux, cet édifice, a conservé son aspect originel d'église romane, du XIIe siècle.

Quelques modifications sont cependant visibles, comme la destruction d'une ligne de pierre en saillie qui peut-être supportait des statues de saints, détruites alors pendant des guerres de reli­gion. Quant au portail d'entrée de style roman, voûté en plein cintre, c'est de nos jours une ouverture en arc brisé, typique du gothique tardif. Le mur clocher, lui, comporte deux cloches dont l'une, selon la tradition, servait de guide sonore aux pèlerins de Rocamadour, égarés sur le Causse.

 

UN GRAND MAITRE DES TEMPLIERS A SONAC

Depuis leur disparition de l'Histoire - leur ordre fut dissout par le Pape en 1312 - les Templiers n'ont cessé d'exciter les imaginations. Cet ordre de moines guerriers, qui avait conquis la Terre Sainte, et qui passait pour fabuleusement riche, était devenu au 14e siècle, une puissance redoutable. Trop sans doute, ce qui entraîna jalousie et suspicion et causa leur chute brutale.

Reniés par Rome, arrêtés, torturés et parfois brûlés par le Roi de France, les chevaliers du Temple sont auréolés, depuis, d'une réputation de mal­heur et de mystère. Une réputation qui convient parfaitement à Guillaume de Sonac, petit nobliau quercynois, qui, à trente sept ans, après une ascension fulgurante, devint grand maître de l'Ordre du Temple de 1247 à 1250. Il est vrai que Guillaume de Sonac était né dans  une  région où  l'Ordre Temple était omniprésent à travers ses nombreuses commanderies sur le Causse.

Une présence justifiée par le nombre important de pélerins, à la fois pour Rocamadour et Compostelle, que les templiers hébergeaient et protégeaient.  Reçu dans l'Ordre du Temple Guillaume de Sonac s'éleva  rapidement jusqu'au grade de Commandeur d'Aquitaine, puis de celui de grand maître.

C'est à ce titre qu'il participa à la 7e croisade en compagnie de toute la noblesse France. Mal préparée, mal dirigée cette campagne tourna au désastre en particulier pour les templiers qui subirent des pertes sévères. Quant à Guillaume de Sonac, il perdit d'abord un œil à la bataille de Mansourah en février 1250, puis l'autre peu après, lors d'une embuscade avant de mourir de ses blessures.

 

SAINT-SIMON

LA TOUR DE POUTOY

A la limite du Causse et du Limargue, Saint-Simon s'étend sur plus de cinq kilomètres de part et d'autre de la D25, qui se confond en partie avec l'ancienne voie gallo-romaine. Pas de vrai bourg, mais une succession de hameaux comme celui de Poutoy. La mairie est l'ancienne école des filles, devenue ensuite l'école mixte. N'oubliez pas de jeter un coup d'oeil sur la tour du XVIIe siècle, à laquelle s'est adossée l'école des garçons puis la salle du foyer rural.

Ce bâtiment, qui comporte un bel escalier en pierre, fut à l'origine un château fortifié avec sa bretèche et une meurtrière, mise à jour lors de récents travaux. Les dates des écussons extérieurs (1632) et intérieurs (1626) indiquent peut-être que ce bâtiment, maintes fois remanié, fut occupé par des religieux.

 

L'EGLISE

Elle dépendait à l'origine du monastère de Figeac. Elle est dédiée à Saint-Sigismond, qui fut roi des Burgondes de 516 à 523. Il fut tué sur ordre de Clodomir, fils de Clovis et roi d Orléans, qui le fit jeter dans un puits avec sa femme et son fils.

Le clocher de l'église qui s’est écroulé en 1747, sera relevé cinq ans plus tard. La cloche, elle, est refondue en 1758, soit onze ans après cette catastrophe. Remarquez la coquille Saint-Jacques, qui indique un lieu de passage et de repos pour les pèlerins et le mouton dans la pierre, en bas à gauche de la façade.

 

LA FONTAINE DE MENTIÈRES

La fontaine au toit couvert de lauzes alimentait autrefois les hameaux de Poutoy et de Larrusquie. A droite de la voûte, remarquez la pierre arrondie sur laquelle on posait le seau. A gauche, les abreuvoirs pour les bêtes. De l'autre côté du chemin, le bassin qui devait servir de lavoir, avec ses pierres plates servant de planches à laver et appelées « lavadous » en occitan.

 

 


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